Trois semaines de canicule, un sonomètre, un wattmètre et une chambre sous les toits à 30 °C : j’ai poussé le Pinguino Extreme de De’Longhi dans ses retranchements. Voici ce que vaut vraiment le climatiseur mobile « le plus silencieux jamais conçu » par la marque italienne.
Le De’Longhi Pinguino Extreme tient l’essentiel de ses promesses. Il a fait chuter ma chambre de 30,5 °C à 24 °C en 45 minutes, avec un niveau sonore mesuré de 46 dB en vitesse minimale — remarquable pour un monobloc. L’Eco Real Feel réduit réellement la consommation sur la durée. En face : un poids de 31 kg, un kit fenêtre basique et un tuyau d’évacuation un peu court. Un excellent choix pour une pièce de 20 à 30 m², à condition d’accepter les contraintes inhérentes à tout climatiseur mobile.
De’Longhi Pinguino Extreme (PAC EX93)
Pourquoi ce test
Le De’Longhi Pinguino Extreme est arrivé chez moi début juillet, en plein épisode caniculaire. Ma pièce de test habituelle — une chambre mansardée de 22 m² exposée sud-ouest — affichait 30,5 °C à 19 h, jour après jour. Le terrain idéal pour vérifier les deux grandes promesses de De’Longhi sur ce modèle : un fonctionnement jusqu’à 70 % plus silencieux grâce aux technologies Arctic Whisper Extreme et SuperSilent, et jusqu’à 30 % d’économie d’énergie via l’Eco Real Feel.
Sur le papier, la fiche technique est solide : 8 900 BTU/h (2,5 kW selon la norme EN14511), une couverture annoncée jusqu’à 85 m³, la classe énergétique A+ et le gaz réfrigérant écologique R290. Trois fonctions dans un seul appareil : climatisation, ventilation seule et déshumidification. Reste à savoir ce que ça donne quand le thermomètre s’affole réellement.
Installation et prise en main
Premier contact : la bête pèse 31 kg. Les roulettes multidirectionnelles et les poignées latérales sauvent la mise sur sol plat, mais monter le carton à l’étage se fait à deux — ou avec de bons lombaires. Une fois en place, l’installation est l’affaire d’un quart d’heure : on clipse le tuyau d’évacuation à l’arrière, on fixe l’embout au kit fenêtre fourni, et c’est parti. Pas de perçage, pas d’outillage.
Le kit fenêtre, justement, est le premier point faible. Il s’agit d’un système coulissant basique, pensé pour les fenêtres à glissière — rares en France. Sur ma fenêtre battante, j’ai dû compléter avec un calfeutrage textile à fermeture éclair (une quinzaine d’euros) pour éviter que l’air chaud ne revienne dans la pièce. C’est un grand classique des climatiseurs mobiles, mais De’Longhi aurait pu faire l’effort d’inclure une solution pour fenêtres battantes à ce niveau de gamme.
Mon protocole de test
Comme pour chaque test Fraich’Zone, j’ai mesuré plutôt qu’estimé. Trois semaines d’utilisation quotidienne, avec :
- Un thermomètre-hygromètre placé à 1,5 m du sol, à l’opposé de l’appareil ;
- Un sonomètre positionné à 1 m puis à 3 m (distance d’un lit) ;
- Un wattmètre en prise directe pour la consommation réelle ;
- Deux pièces de test : ma chambre mansardée de 22 m² (le scénario difficile) et un salon de 28 m² (le scénario nominal).
Performances de refroidissement
C’est le cœur du sujet, et le Pinguino Extreme s’en sort très bien. Dans la chambre de 22 m² partie de 30,5 °C, l’appareil a atteint 24 °C en 45 minutes à pleine puissance. Dans le salon de 28 m², il a fallu un peu plus d’une heure pour passer de 29 °C à 24,5 °C. Une fois la température cible atteinte, le maintien est stable à ±0,5 °C près, le compresseur alternant intelligemment les cycles.
| Scénario | T° départ | T° atteinte | Durée |
|---|---|---|---|
| Chambre 22 m² (mansardée, expo SO) | 30,5 °C | 24 °C | 45 min |
| Salon 28 m² | 29 °C | 24,5 °C | 1 h 10 |
| Chambre 22 m², mode nuit | 27 °C | 24 °C | 1 h 05 |
La déshumidification joue un rôle réel dans la sensation de confort : lors d’une soirée orageuse à 78 % d’humidité relative, l’appareil a ramené la pièce à 55 % en un peu plus d’une heure. À 24 °C et 55 % d’humidité, la sensation est incomparablement plus agréable qu’à 24 °C et 78 %.
Le silence Arctic Whisper à l’épreuve
La grande promesse marketing du modèle. Mes mesures au sonomètre :
| Mode | À 1 m | À 3 m |
|---|---|---|
| Vitesse maximale | 52 dB | 48 dB |
| Vitesse minimale | 46 dB | 42 dB |
| Mode nuit | 44 dB | 40 dB |
46 dB en vitesse minimale, c’est objectivement l’un des monoblocs les plus discrets que j’ai testés — on est au niveau d’une conversation à voix basse. Le travail aéraulique d’Arctic Whisper Extreme se sent : le souffle est diffus, sans sifflement. Nuance importante toutefois : le bruit du compresseur reste perceptible à chaque redémarrage de cycle, un « clonc » sourd suivi d’un ronronnement grave. En journée, on ne l’entend pas. La nuit, dans le silence complet d’une chambre, les dormeurs sensibles le remarqueront. Personnellement, je m’y suis habitué en deux nuits ; ma compagne a préféré lancer la clim une heure avant le coucher puis basculer en ventilation seule — une stratégie qui fonctionne très bien avec la minuterie 24 h.
Consommation électrique réelle
Au wattmètre, le Pinguino Extreme tire 640 W en moyenne en mode climatisation, avec des pointes à 720 W au démarrage du compresseur. Sur une soirée type de 4 heures (montée en froid puis maintien), j’ai relevé 2,1 kWh, soit environ 0,42 € au tarif réglementé 2026. Sur un mois de canicule à raison de 5 h par jour, comptez autour de 13 à 15 € d’électricité. C’est le prix de nuits correctes — chacun jugera, mais la classe A+ n’est pas usurpée pour un monobloc de cette puissance.
Eco Real Feel et fonctions annexes
L’Eco Real Feel est la fonction la plus intéressante du lot : plutôt que de viser bêtement une température, l’appareil pilote conjointement température et hygrométrie pour atteindre un confort perçu, en modulant la puissance. Résultat mesuré chez moi : sur des sessions de maintien comparables, la consommation chute d’environ un quart par rapport au mode manuel à fond. Le « jusqu’à 30 % » de De’Longhi est optimiste mais pas mensonger.
Le reste de l’équipement est complet sans être révolutionnaire : trois vitesses de ventilation, minuterie programmable sur 24 h, télécommande, panneau de commande tactile agréable, et un affichage lisible à distance. Pas de Wi-Fi sur ce modèle — ceux qui veulent piloter leur clim depuis l’application devront regarder du côté du PAC EL112 CST, sensiblement plus cher.
Les défauts à connaître
Aucun climatiseur mobile n’est parfait, et le Pinguino Extreme ne fait pas exception. En trois semaines, voici ce qui m’a agacé : le kit fenêtre inadapté aux fenêtres battantes françaises (prévoyez un calfeutrage complémentaire), le tuyau court qui impose de coller l’appareil à la fenêtre, le poids de 31 kg qui complique tout changement d’étage, et le redémarrage du compresseur audible la nuit. J’ajoute un détail : l’encombrement au sol (environ 45 × 40 cm) n’est pas négligeable dans une petite chambre.
Rien de rédhibitoire, mais si votre priorité absolue est le silence nocturne total, un modèle split reste imbattable — à un tout autre prix et avec une installation fixe.
Note finale et avis
Un des meilleurs monoblocs de 2026 pour les pièces de 20 à 30 m². Performances de froid au rendez-vous, silence réellement au-dessus de la concurrence, consommation maîtrisée grâce à l’Eco Real Feel. Il perd des points sur le kit fenêtre, le poids et le bruit de compresseur nocturne.
| Critère | Note |
|---|---|
| Refroidissement | 9/10 |
| Silence | 8,5/10 |
| Consommation | 8,5/10 |
| Installation & ergonomie | 7,5/10 |
| Rapport qualité/prix | 8,5/10 |
Points forts
- Froid rapide et stable (30,5 → 24 °C en 45 min)
- 46 dB mesurés en vitesse mini : top du segment
- Eco Real Feel : économies réelles sur la durée
- Classe A+ et gaz écologique R290
- Déshumidification efficace (78 → 55 % HR)
- Fabrication et finitions soignées
Points faibles
- Kit fenêtre inadapté aux fenêtres battantes
- Tuyau d’évacuation court (~1,2 m)
- 31 kg : déplacements entre étages pénibles
- Compresseur audible aux redémarrages nocturnes
- Pas de Wi-Fi
FAQ
Le De’Longhi Pinguino Extreme convient-il pour dormir ?
Oui, avec une réserve. En mode nuit (44 dB mesurés à 1 m), le souffle est très discret, mais le redémarrage périodique du compresseur reste perceptible. La meilleure stratégie : refroidir la chambre une heure avant le coucher, puis basculer en ventilation seule ou programmer l’arrêt via la minuterie.
Quelle surface peut-il vraiment refroidir ?
De’Longhi annonce 85 m³, soit environ 33 m² sous plafond standard. Mes tests confirment une efficacité excellente jusqu’à 28 m². Au-delà de 30 m² ou dans une pièce très vitrée exposée plein sud, il maintiendra un écart de 5 à 6 °C avec l’extérieur plutôt qu’une température précise.
Combien coûte-t-il en électricité ?
Environ 640 W en fonctionnement, soit à peu près 0,13 € par heure au tarif réglementé 2026. Une utilisation quotidienne de 5 h pendant un mois de canicule revient à 13-15 €.
Faut-il vider un bac de condensats ?
En mode climatisation, la majorité des condensats est évacuée avec l’air chaud. Le bac ne se remplit vraiment qu’en mode déshumidification intensive ; comptez une vidange occasionnelle par forte humidité.
Quelle différence avec le Pinguino PAC EM82 ?
Le PAC EM82 est le modèle d’entrée de gamme : moins puissant, plus bruyant (63 dB) et sans Eco Real Feel. L’Extreme justifie son surcoût si le silence et la surface à couvrir comptent pour vous.
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Le Pinguino Extreme est le monobloc que je recommande en 2026 pour une chambre ou un salon de 20 à 30 m², si le silence est votre critère n°1. Vérifiez le prix du jour — il varie fortement en pleine saison.
